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News des Flying Fifteens

Ce qu'il se passe dans le monde des flottes Flying Fifteen France et Belgique.

News des Flying 15s

Trophée des Ports, lac du Der, 25-26 avril 2026 au CN Giffaumont
Michel Pélegrin 7

Trophée des Ports, lac du Der, 25-26 avril 2026 au CN Giffaumont

Deuxième acte de la déjà fameuse Quille Franco-Belge, et une ambiance de grand rendez-vous.

Sur l’eau, une flotte hétéroclite mais affûtée: Open 5.00, 7.50 Brétéché, Tempest, Flying Fifteen, sans oublier les Vent d’Ouest. 17 clubs, 36 bateaux engagés, dont 18 quillards de sport, certains venus clairement chercher du rythme en vue d’échéances nationales. À terre, le ton est donné: pontons impeccables, grutages pros, logistique fluide et accueil chaleureux du Club Nautique de Giffaumont, un rassemblement de voile-aviron ajoute à cette régate une magie d’antan: coques à clins colorées ou bois verni, gréements d’époques, doris racés, silhouettes improbables de canoës surtoilés… un décor vivant, presque hors du temps, sur les quais des Flying Dutchman tout bois en imposent par leur majesté et dimensions.

Samedi: le jeu des nerfs

Mise à l’eau sous un soleil éclatant, mais le plan d’eau ne se livre pas. Le vent refuse de s’installer: 6 à 10 nœuds annoncés, mais en réalité des couloirs de risées étroites, des molles traîtresses et des bascules aussi soudaines qu’injustes. Départ des Osiris, puis cinq minutes plus tard des quillards. Première manche: le ton est donné. C’est à gauche que ça se passe, le départ bâbord est archi favorable mais gare à monter au vent à la bouée pour ne pas se faire couvrir, certains se sont fait piéger et étouffer comme des débutants perdant tout l’avantage d’un départ idéal! Les écarts se creusent déjà, beaucoup subissent, scotchés dans des trous d’air invisibles. Et il y a encore à tour à faire... Le temps réel à l’arrivée va être abyssal entre ceux qui ont su prendre le bon wagon et les autres. Sur ce lac immense, chaque bord devient un pari. Les réglages évoluent sans cesse: hale-bas repris puis relâché selon les risées intempestives et rares, chariots en mouvement permanent selon bord de près ou de portant, écoute de grand-voile choquée au moindre refus, barre qu’il faut caresser et ne pas brusquer. Il faut garder de la vitesse dans rien, essayer de sentir le bateau vivre sous les fesses. Les équipages les plus lucides privilégient la vitesse au cap et s’accrochent à la moindre pression qui touche leurs voiles, acceptent de perdre un peu de cap pour rester dans la pression.

Trois manches seront validées, arrachées à un vent de plus en plus instable et disparaissant. En fin de journée, le plan d’eau s’éteint presque totalement obligeant le comité à réduire d’un tour le parcours. Le retour au port est long, silencieux, ponctué de regards vers la surface lisse… et de débriefings déjà animés à bord. À terre: réconfort et partage, le club-house s’anime rapidement. Les langues se délient, les trajectoires se refont, les coups tactiques se rejouent. Les bénévoles du Club Nautique de Giffaumont assurent une soirée conviviale et généreuse, parfaite pour recharger les batteries.

Dimanche: le piège grandeur nature

Briefing matinal: le comité annonce la couleur. Parcours long, 11 bouées, alternance bâbord/tribord – une vraie navigation dans la navigation. Il va falloir lire le lac dans toute sa complexité.

Dès le départ, le piège se referme. Une droite qui semblait payante s’effondre brutalement. À gauche, une risée adonnante glisse le long de la presqu’ile de Nemours offrant un boulevard à ceux qui l’avaient anticipée tirant d’un bord direct sur la prochaine bouée à parer pendant que d’autres perdent du terrain et de la vitesse à sans cesse virer de bord pour rejoindre les zones ventées qui s’échappent imprévisiblement. Les écarts se creusent vite, très vite. Le plan d’eau du lac du Der est impitoyable: effets de site, zones d’ombre, couloirs de vent étroits… Ici, la hiérarchie ne tient qu’à la capacité à enchaîner les bons choix. Les meilleurs naviguent “la tête hors du bateau”, scrutant l’eau, lisant les risées, anticipant les bascules. Les autres subissent, le vent s’écroulant pour eux, la tête de flotte est définitivement irrattrapable. Aux marques, les manœuvres devraient être propres et rapides: affalages millimétrés et envois de spi opportunistes – parfois pour quelques secondes seulement avant de replonger dans une molle détestable ou une bascule contreproductive à contrer d’urgence. La concentration est totale, l’usure mentale réelle, le soleil mordant.

Classement et enseignements

À l’arrivée, les Tempest dominent sans partage, monopolisant les trois premières places. Derrière, un Open 5.00 et un 7.50 Brétéché complètent le tableau (en annexe). Mais au-delà du classement, c’est une leçon de navigation. Le Lac du Der ne pardonne rien: il exige finesse, anticipation et humilité. Un plan d’eau où l’on apprend vite… parfois à ses dépens. Naviguer ici, c’est accepter de se faire piéger, mais aussi progresser à chaque bord. Et dans cet environnement exceptionnel, au cœur d’une réserve naturelle peuplée d’oiseaux protégés, l’expérience dépasse largement le cadre de la régate. Un week-end exigeant, formateur, et profondément marquant. À découvrir absolument.

Photos: X. Texte: Arno Solazzo.                                                                             

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